(image : Flickr)
Pas de panique. Enfin, pas encore. Je vais vous présenter ici un problème récurent en informatique, celui de la chaleur.
La chaleur est un mécanisme de dissipation de l'énergie produite, en gros, par le frottement des électrons lors de leur passage dans les métaux. Alors pourquoi les constructeurs et les utilisateurs font-ils la guerre à ce phénomène ? Hé bien sous l'effet de la chaleur, les matériaux se dilatent. Aux débuts de l'informatique, des transistors de carte mère en arrivaient même à se briser sous l'effet de la dilatation. Aujourd'hui, on s'arrange pour que tous les composants aient un coefficient de dilatation très proche, pour qu'ils s'étirent tous bien sagement.
Mais hors de ça, la dilatation créer une perte importante de performance, et une fragilité aux chocs, et use le composant.
Voilà pourquoi tout est optimisé pour éviter la chauffe de vos machines ; les cartes mères sont une superposition de couches d'époxy (isolante) et de cuivre (évacuatrice de calories), tous les équipements non-imprimés tendent à s'équiper de ventirads (ventilateurs montés sur radiateur qui évacuent l'air chaud) : processeurs et alimentations, d'abord, puis cartes graphiques, et désormais, mémoires et périphériques de stockage !... Viennent enfin ceux du boitier, qui permetent d'éviter que tout ça ne baigne dans un four à chaleur tournante. Les plus chanceux (enfin, riches quoi) d'entre-nous en arrivent même à s'offrir des systèmes de refroidissement à eau, ou encore à Azote liquide...
Bref, au final, on s'en sort plutôt bien.
Enfin... C'est sûr, quand on n'a qu'une machine à entretenir... Et encore, un simple aller-retour entre la pièce dans laquelle tourne la bestiole depuis un moment, et celle d'à côté suffit à remarquer quelques degrés de différence.
Imaginez maintenant l'enfer (insérez petit rire du mec fier de son jeu de mots ici) que représente un hangar à serveurs. Refroidir tout ça représente, pour des complexes gigantesques (Google, Microsoft, la NASA...) des couts faramineux !
D'après les estimations, la consommation des serveurs d'informations représentaient 1% de la consommation électrique mondiale en 2005.

Alors quoi ? Et bien voilà qu'aujourd'hui, on se retrouve dans une guerre du froid (et non pas une guerre froide...). Les enjeux étant de réduire les couts, bien sûr, mais également de rendre son image plus verte.
Google. Imaginez ! En Septembre 2005, l'entreprise annonçait 8 milliards (8 168 684 336) de pages indexées. Et 1,000,000,000,000 d'URLs uniques (
via). Et regardez la vitesse à laquelle le site répond à chaque requête... Hé bien Google entreprend de stocker ses serveurs sur des embarcations à 11km "offshore". 11km ? De quoi ne plus avoir à payer de taxe de propriété... L'électricité devrait par ailleurs être fournie en utilisant la force des vagues, et l'eau de mer offrirait alors une merveilleuse réserve d'eau froide.
De son côté, Sun veut utiliser des mines de charbon abandonnées au Japon pour enterrer au frais ses machines à peu de frais (
via). Intel tente lui de créer des Data Centers en utilisant l'air venant de l'extérieur (et oui, il fallait y penser ! Utiliser le monde extérieur, quelle idée !) (
via).
Microsoft n'est pas en reste, bien sûr. Première idée : mettre les serveurs dans des tentes. Cela a entrainé quelques situations de test plutôt cocasses (comme une feuille coincée dans un serveur) (
via). Seconde idée, aller construire un centre de données en Sibérie !...
Dommage que la main d'œuvre ne soit plus aussi cher là-bas qu'il y a quelques dizaines d'années ... (
via)
Tous ces problèmes, bien sûr, trouvent encore et toujours de quoi faire des heureux. Ces chercheurs anglais ont par exemple
trouvé un moyen de transformer la chaleur en électricité ! Le
Groenland, lui, veut aussi tirer son épingle du jeu, et invite chaleureusement les serveurs à venir s'installer chez eux.
Et voilà, vous savez tout ! J'espère que la longueur de cet article ne vous a pas trop refroidi ... (promi, j'arrête.)